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I

JOURNAL DE LA

LIGUE CARDIOLOGIQUE BELGE

DE L’UTILITÉ - OU DE LA FUTILITÉ –

DES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES

ARTICLE MÉDICAL

PROF. EM. PIERRE BLOCK

JOURNAL DE LA

LIGUE CARDIOLOGIQUE BELGE

04/2015

LES PARADOXES DE L’OBÉSITÉ

L’obésité est classiquement considérée comme un

facteur de risque pour divers problèmes de santé :

diabète de type 2, arthrose, apnée du sommeil,

hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires,

etc. On appelle «

paradoxes de l’obésité

» des

situations où les personnes obèses semblent plutôt

indemnes des diverses complications habituellement

attribuées à l’obésité, comme si elles étaient au

contraire « protégées » par leur excès pondéral.

Le but de cet article est de faire le point sur ces

paradoxes de l’obésité principalement dans le

domaine des affections cardiovasculaires. Il est

inspiré par une excellente revue de la question

publiée l’an dernier dans la Revue Médicale Suisse

1

à laquelle sont ajoutées des références à quelques

publications plus récentes

2-4

.

L’obésité : un facteur de risque de morbidité et de

mortalité ?

Pour répondre à cette question, il convient de

distinguer les diverses catégories de statut pondéral

en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC-

« body mass index ou BMI ») calculé comme le

rapport Poids (kg)/ Taille

2

(m

2

). Ces catégories sont

représentées dans le tableau 1.

La plupart des études observationnelles de

population ont montré une augmentation linéaire

de la mortalité totale au fur et à mesure que l’on

passe d’un statut de poids normal (IMC de 18 à 25)

à l’obésité modérée (IMC de 30 à 35) et à l’obésité

sévère (IMC

>

35). Cependant, une étude européenne

incorporant près de 360.000 personnes suivies

pendant 9 ans avait déjà trouvé que la mortalité en

fonction de l’IMC suivait plutôt une courbe en J, la

mortalité la plus basse étant associée à un IMC aux

environs de 24-25, et la mortalité augmentant à la

fois pour un IMC en dessous de 20 et au-dessus de

30. D’autre part, une méta-analyse de 97 études

portant sur 2,8 millions de personnes a montré

une mortalité accrue chez les obèses de degré 2

et 3 (IMC

>

35) par rapport aux sujets ayant un IMC

entre 18 et 25, mais pas chez ceux ayant une obésité

modérée (IMC entre 30 et 35), et même une mortalité

diminuée chez ceux qui sont simplement en surpoids

(IMC entre 25 et 30).

ARTICLE MÉDICAL

P 206097 | DÉPÔT BRUXELLES X

Exemplaire réservé au CORPS MÉDICAL

PROF. EM. CHRISTIAN BROHET

I

V

VIII

VI

���

SOMMAIRE

ARTICLE MÉDICAL

Les paradoxes de l’obésité

ARTICLE MÉDICAL

Etude SPRINT

BRÈVES

ARTICLE MÉDICAL

Embolie systémique

TABLEAU 1

IMC (kg/m2)

Statut pondéral

<

16,5

dénutrition

16,5-18,4

maigreur

18,5-24,9

poids normal

25-29,9

surpoids

30-34,9

obésité modérée (grade 1)

35-39,9

obésité sévère (grade 2)

40

obésité morbide (grade 3)